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Rencontre avec Juan Flores, producteur de cigares au destin extraordinaire

Ce vendredi 30 octobre, l’hôtel Plaza Colon à Granada, Swiss Tropical et Enjoy Nicaragua se rendront à l’orphelinat Hogar Alegria. L’hôtel et l’agence se sont en effet unis pour récolter des biens de première nécessité pour les enfants. Dans cette quête, ils ont pu compter sur le soutien de Juan Ramon Flores, connu comme « Juan puro ». Le puro en Amérique centrale est le nom donné au cigare. Retour sur le destin extraordinaire de cet enfant élevé par ces grands-parents à Esteli au nord du Nicaragua, devenu producteur de cigares internationalement reconnu.

 

Tout n’a pourtant pas été facile dans sa vie, loin de là. Juan Ramon Flores a commencé à travailler à 7 ans. Il vendait dans la rue, lavait des chaussures ou transportait des commissions. A 11 ans, il rentre dans sa première plantation de tabac, Esteli étant la zone privilégiée au Nicaragua. Avec sa première paie, il a acheté du papier pour faire un cahier et faciliter ces études qu’il faisait le soir.

 

 Un passage par l’armée

A 15 ans, sa vie bascule du tout au tout. Engagé dans l’armée, il part 6 mois à Cuba. Sur place, il en profitera pour en apprendre plus sur la confection des cigares. A son retour, il reste 6 ans dans l’armée nicaraguayenne. Il recevra d’ailleurs plusieurs balles dans le corps. Une expérience suffisante qui le convainc que son futur se trouve dans le tabac.

De retour à Esteli, il s’engage pour une entreprise tabacole. Il multiplie également les petits boulots à coté pratiquant la maçonnerie, la charpenterie, la couture, la sécurité, et allant même jusqu’à jouer les mariachis ! Il a commencé dans les champs puis en changeant d’entreprise a gravi les échelons. Il devint préparateur, rouleur et finalement chef de production.

 

En 1995, il quitte le nord du Nicaragua pour rejoindre Granada. Puis Masaya, 3 ans plus tard, où il réside toujours. Il fonde sur place sa première entreprise, qui emploie 29 personnes. Devenu chef d’entreprise, son destin bascule en 2000 lorsqu’il participe à un salon du tabac en Suède. Vainqueur de la compétition, il devient Master Blender (Maître du tabac) et signe un contrat avec le distributeur international Erick Mellgrin. La qualité du travail de Juan Ramos est désormais reconnue. Il gagnera ce trophée à nouveau en 2006.

 

Le petit planteur devenu vendeur international

Juan puro se rend en Suède chaque année. Il fait des démonstrations durant le salon à parfois 40/50 000 personnes ! A présent, ses cigares sont commercialisés sous 5 marques différentes sont vendus en Suède, Russie et aux Etats-Unis. Un véritable succès même s’il se considère toujours comme un petit producteur avec entre 20 000 et 25 000 cigares produits chaque mois. Il ne souhaite pas produire plus car il sait que cela se ferait au détriment de la qualité. Une véritable succès story pour ce pur produit d’Esteli, qui regrette que ses grands-parents n’aient pus voir le chemin accompli.

Si le chemin n’a pas toujours été facile, et qu’il a cru tout fini le jour où il a perdu momentanément l’odorat, force est de constater que le travail accompli perdure. Et c’est toujours depuis Masaya que Juan Flores dirige ses affaires. Et même s’il n’est pas originellement de la région, il jouit d’une excellente réputation grâce à son humilité et son investissement dans la vie de la région.

 

Aujourd’hui, conscient du chemin accompli et des difficultés qu’éprouvent toujours son pays, il tache en effet de contribuer à sa manière au bien-être global. Amoureux des enfants, il en a lui-même 13, il ne manque pas d’offrir des pinatas ou de faire venir des coiffeurs dans des lieux très éloignés de la ville pour aider les plus vulnérables. Il a même contribué à installer l’électricité dans une communauté de la Comarca el Jocote. Une charité confirmée par sa contribution au soutien des orphelins de l’association Hogar alegria.

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