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Au bonheur des dames

S’il est toujours plus difficile d’obtenir des données sur la situation sociale et sanitaire du Nicaragua, il ne fait aucun doute que le pays traverse lui aussi difficilement la crise du Covid19. Et malheureusement, l’Etat vient peu en aide à ces citoyens. Swiss Tropical et son partenaire Enjoy Nicaragua ont donc décidé de s’associer pour soutenir deux communautés rurales. 2 communités indigènes que les groupes déjà passés par le Nicaragua ont nécessairement rencontrés et appréciés.

David est donc parti sur les routes du nord en direction de Matagalpa pour se rendre tout d’abord à la communauté indigène Los Chiles. Ce regroupement de femmes, 9 membres, gère l’atelier El Telar. Elles ont sauvé et maintenu un savoir-faire ancestral de la région. En effet, elles produisent désormais à la main de nombreux vêtements, des sacs ou des portefeuilles. Dans leur style bien particulier, il s’agit d’une véritable explosion de couleur lorsque l’on rentre dans leur atelier. Ces productions, initialement destinées à la communauté, se vendent désormais dans certains marchés nationaux et surtout, aux touristes de passage dans l’atelier.

 

Seulement, malgré l’application des mesures de distanciation sociale et l’emploi des masques, les touristes ne rentrent plus dans le pays depuis la Semaine sainte. Ces femmes, moteur de la communauté, ne perçoivent donc plus le moindre revenu depuis 3 mois. Une crise qui s’ajoute à une difficile année 2019 sur le plan touristique.

 

David leur a donc distribué à chacune un sac avec à l’intérieur l’essentiel pour subvenir à leurs besoins durant les prochains jours (riz, pâtes, huile, lessive, allumettes, lait maternel, en tout une quinzaine de produits). Les sacs servant aux distributions ont été achetés dans un marché afin de faire travailler les artisans locaux d’éviter l’usage du plastique.

Après Matagalpa, David s’est dirigé vers la communauté Las Curenas, dans la région de Jinotega. Il s’agit d’une autre communauté de 11 femmes, membres de l’atelier San Expedito, qui a elle sauvé les techniques de production de la céramique noire. Ce sont les dernières à ainsi bruler des feuilles de pin pour donner cette couleur unique aux céramiques.

 

Ici encore, le tourisme est la première source de revenu et à l’exception d’une association, financée par la Suisse (APEN), et qui leur a distribué des masques et des solutions hydroalcooliques, personne, ni l’Etat, ni grande entreprise ou association, ne les a soutenus. La surprise a donc été doublement appréciée puisqu’aucune des communautés ne savait que David venait leur offrir ce complément pour essayer de passer la crise.

 

En tout ce sont 27 sacs et donc 27 familles qui ont pu bénéficier de ce soutien. Et, dans le but de pérenniser l’activité à moyen terme de ces deux ateliers uniques en leur genre, Swiss Tropical leur a respectivement commandé 40 sous-tasses et 40 tasses en céramique noire. Une commande qui leur assure entre 6 et 8 semaines de travail.

Ainsi, si le livre d’Emile Zola, auquel se réfère le titre, fait la part belle aux grands magasins, force est de constater qu’en période de crise, ce sont les solidarités locales et les personnes motivées plutôt que les grands organismes qui en font le plus pour les populations en difficulté.

 

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